Plusieurs études ont démontré que le vin est bon pour le cœur. Si les experts diffèrent parfois d'opinion quant aux bienfaits des autres alcools (bière, vins fortifiés et spiritueux), il a été établi que le vin contient des polyphénols, dont les actions antioxydantes et anti-inflammatoires auraient un effet protecteur au niveau du cœur et du cerveau.
C'est dans les années 1990 que l'on découvre les avantages de ces composés polyphénoliques, avec la mise en évidence de ce que l'on a appelé « le paradoxe français ». On observe alors que les habitants du sud-ouest de la France ont un niveau de mortalité cardiovasculaire plus faible qu'ailleurs. On ne tarde pas à l'expliquer par la consommation de vin rouge régulière chez les Français de cette région.
Il faudra attendre la publication d'une étude de l'Institut de médecine préventive de Copenhague avant que l'effet cardioprotecteur du vin fasse réellement l'unanimité dans la communauté médicale. Treize mille hommes et femmes ont été suivis pendant 16 ans aux fins de cette étude. Les résultats sont probants : ceux et celles qui ont bu du vin de manière régulière et modérée ont vu leur risque de maladies cardiovasculaires diminuer de façon notable, comparativement à ceux et celles qui n'en ont pas consommé.
L'étude fait toutefois ressortir un élément surprenant : l'effet protecteur ne semble pas dû à l'alcool contenu dans le vin, mais plutôt à d'autres composés, non alcoolisés, présents en grand nombre dans le raisin. Est-ce à dire qu'un verre de jus de raisin est aussi bénéfique pour la santé qu'une coupe de vin? Une étude réalisée aux États-Unis va dans ce sens. Quinze patients à risque coronarien ont bu du jus de raisin pendant deux semaines. Conclusion? Une amélioration nette de l'élasticité de leurs vaisseaux sanguins.
Selon une autre étude américaine récente, le vin blanc serait aussi bénéfique pour le cœur que le vin rouge. À preuve, on a administré du vin blanc à des souris et constaté que celui-ci a eu des effets très positifs sur leur pression artérielle. C'est que le vin blanc contient lui aussi des antioxydants, soit du tyrosol et de l'hydroxytyrosol. Le vin rouge n'est plus, comme on l'a longtemps cru, le seul champion de la protection des maladies du cœur. Il faut pourtant savoir que l'effet protecteur du vin sur le cœur – et fort probablement des autres alcools – ne s'observe que chez les personnes qui font preuve de modération. Cet effet s'inverse chez ceux qui consomment plus que la quantité recommandée.
Les spécialistes de la santé estiment que nous devrions nous limiter à une ou deux consommations par jour. De plus, les hommes en bonne santé ne devraient pas excéder 14 consommations par semaine. Pour les femmes en bonne santé, la limite est de neuf consommations hebdomadaires.
Une consommation équivaut à :Notez cependant que l'effet protecteur de l'alcool n'est pas présent chez les plus jeunes, car il augmente avec l'âge. Pour les hommes : à partir de la quarantaine. Pour les femmes : à partir de la ménopause. Les effets bénéfiques sont accrus chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Ils sont également plus manifestes quand l'alcool est consommé durant un repas. Et comme nous le mentionnions, l'effet protecteur s'inverse chez ceux qui dépassent les deux consommations quotidiennes recommandées ou les limites hebdomadaires (14 pour les hommes, 9 pour les femmes).
Les statistiques montrent qu'au Québec la notion d'ivresse a cédé la place à celle du plaisir de la table et de la recherche de produits de qualité. Alors, levez un verre – ou deux – à votre santé et savourez-les pleinement!