La promotion des stocks ligneux et une plus saine gestion des sols offrent un très grand potentiel de séquestration du carbone. Dans ce sens, le projet de restauration écologique proposée ici vise à promouvoir une toute nouvelle intendance d’anciens sites miniers d’amiante dans Chaudière-Appalaches qui permettrait, en priorité, de séquestrer d’importantes quantités de carbone dans les sols et la biomasse et d’améliorer l’esthétisme de ces sites, lesquels sont actuellement déconnectés du système socio-écologique. Par des pratiques de reconstruction des sols et de végétalisation (arbres et herbacées) peu couteuses, il serait aussi possible de restituer d'autres services écosystémiques comme la purification de l’air et de l’eau. Toutefois, pour assurer le succès d’un projet, les spécialistes s’entendent pour dire qu’il y a un besoin incessant d’adapter les meilleures pratiques de restauration en fonction des conditions environnementales prédominantes du milieu, spécialement pour les sites fortement anthropisés comme plusieurs anciennes mines. De plus, dans le contexte des changements climatiques, il faudra que le choix des technologies de restauration soit effectué en considérant que les conditions environnementales actuelles changeront. Ainsi, la restauration écologique requiert un constant apport d’avancées technologiques et le cas des anciens sites miniers d'amiante de Chaudière-Appalaches ne fait pas exception. À la complexité écologique de la restauration de sites dégradés s’ajoute des considérations sociales. Ces anciennes mines sont, pour la plupart, situées dans des régions habitées où l’usage du territoire comprend de nombreux arbitrages. Les études portant sur les conflits d’usage des ressources naturelles, l’acceptabilité sociale et la protection de l’environnement rendent généralement compte d’intérêts et de valeurs divergentes dans la répartition des droits et des responsabilités entre les utilisateurs d’un territoire et de ses ressources. Les conflits peuvent nuire aux démarches de collaboration en gestion, lorsque des parties prenantes considèrent leurs intérêts comme diamétralement opposés. Les conflits de cet ordre font intervenir des représentations du territoire et des ressources qui peuvent mobiliser des réponses émotives à certains enjeux, et ainsi limiter la capacité d’entreprendre des démarches collectives. Les objectifs de ce projet sont de : (1) évaluer les taux de survie et de croissance juvénile de plusieurs espèces d’arbres plantés selon divers scénarios de reconstruction des sols, et estimer le potentiel de séquestration du carbone à moyen et long terme par les arbres; (2) mesurer les réserves de carbone et sa stabilité selon les divers scénarios de reconstruction des sols pour mieux prédire les quantités de carbone pouvant être stockées à plus long terme dans les sols; (3) évaluer la qualité des sols reconstruits en examinant la disponibilité des nutriments et de l’eau, les communautés microbiennes et les caractéristiques physiques, et (4) étudier la perception et le niveau d’acceptabilité des communautés avoisinantes quant aux technologies de restauration écologique préconisées pour « reconnecter » ces paysages miniers aux systèmes socio-écologiques, et de suivre l’évolution de la perception et du niveau d’acceptabilité en lien avec les résultats obtenus à court terme. En connaissant les principaux enjeux en matière d’acceptabilité sociale, il sera possible de faire des recommandations en termes d’éducation relative à l’environnement.

Chercheur principal

Nicolas Bélanger

Co-chercheurs

Wassim Bouachir; Élise Filotas; Jérôme Dupras (UQO) et David Rivest (UQO)

Organisme subventionnaire

FRQNT (Fonds de Recherche du Québec - Nature et technologie

Programme

Recherche partenariat sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre

Secteur de recherche

Environnement

Années

2018 - 2021

Montant accordé

289 245,00 $