Ce projet vise à étudier le rôle des organismes communautaires à Montréal en ce qui a trait au développement culturel local. Une recherche antérieure a permis de constater un tournant dans les options de ces organismes en regard des projets culturels et créatifs. Depuis leur création dans les années 1980 jusqu'aux années 2000, ces organismes ont misé essentiellement sur l'employabilité pour répondre aux problèmes provoqués par le chômage et sur les services de proximité, pour répondre à la perte de services pour les plus démunis dans les quartiers les plus défavorisés. Or, depuis les années 2000, sans délaisser les actions concernant ces problèmes, lesquels restent toujours d'actualité, ils ont investi activement les secteurs culturels et créatifs. Ceci correspond à une innovation sociale dans ces organismes, pour lesquels, autre fois, la culture représentait au mieux une préoccupation « bourgeoise », au pire une menace.

Nous étudierons donc les conditions sous lesquelles les projets inscrits dans les secteurs culturels et créatifs menés par les organismes communautaires augmentent la vitalité des quartiers, renforcent les identités, permettent d'accroitre la richesse locale et développent des compétences individuelles et collectives qui favorisent la revitalisation des quartiers dévitalisés. Le projet se déroulera de la façon suivante : développement d'un ensemble d'indicateurs sur la vitalité culturelle des quartiers, réalisation d'un « mapping » des projets locaux de nature culturelle, des acteurs qui les portent, des ressources qu'ils mobilisent et des obstacles auxquels ils se confrontent, analyse des différentes coalitions d'acteurs, les types de partenariat et les modalités de médiation qui se mettent en oeuvre pour passer aux travers des conflits qu'ils génèrent dans la collectivité locale, et évaluation des effets de ces projets sur le plan de la revitalisation des quartiers, sur l'identité locale et sur l'amélioration de la qualité de vie locale. La question générale à laquelle la recherche essayera de répondre est la suivante : dans quelle mesure et à quelles conditions, le champ de l'action culturelle et créative peut être un catalyseur des actions en développement local et les orienter vers le « vivre bien » dans les communautés?

Les organismes communautaires eux-mêmes (surtout les CDECs et les tables de quartier), avec lesquels nous avons déjà des collaborations et qui participeront avec notre équipe à la construction des connaissances, seront enrichies d'un regard critique et transversal sur leur pratique ---transversal car couvrant l'ensemble des actions sur l'île de Montréal. Ceci les aidera à construire une réflexion entourant leur action, à projeter leurs actions dans un temps moyen et long, temporalité qui est souvent difficile à toucher lorsque les contraintes de tout genre les obligent à se concentrer sur le court terme.

La recherche sera menée par une équipe multidisciplinaire constituée de quatre chercheurs (Klein, géographie ; Fontan, sociologie ; Tremblay, économie ; Trudelle, aménagement). Ces chercheurs sont tous membres réguliers du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et ont une forte expérience de travail en commun. Des étudiants de niveau postdoctoral, doctoral et de maîtrise participeront au projet à divers titres.

Chercheur principal

Jean-Luis Klein (UQAM)

Co-chercheurs

Diane-Gabrielle Tremblay; Jean-Marc Fontan (UQAM); Catherine Trudel (UQAM)

Organisme subventionnaire

CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines du Canada)

Programme

Subvention Savoir

Secteur de recherche

Économie du savoir

Années

2015 - 2019

Montant accordé

262 000,00 $